Art et histoire
Hauts-de-France
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Le P’tit Quinquin, Lille

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Date : 1901

« Dors, min p’tit quinquin, min p’tit pouchin, min gros rojin. Te m’fras du chagrin si te n’dors point ch’qu’à d’main ». Ce refrain populaire bien connu des Lillois sonne aujourd’hui comme un hymne dépassant les simples frontières de la ville. Cette chanson reflète pourtant la dure réalité des travailleurs textile de la fin du 19e siècle, et plus particulièrement des ouvriers du quartier Saint-Sauveur.

P'tit Quinquin Square Foch ©SVAH Lille

P'tit Quinquin Square Foch bis ©SVAH Lille

P'tit Quinquin Original ©SVAH Lille

P'tit Quinquin Original détail 1 ©SVAH Lille

P'tit Quinquin Original détail 2 ©SVAH Lille

fil Fauchille Delannoy Au chansonnier lillois © BM Ville de Lille

Alexandre Desrousseaux, chansonnier, fin 19e siècle © BM Ville de Lille

La maison natale du chansonnier, début 20e siècle ©fonds Peroche - BM Ville de Lille

Un reflet de la misère ouvrière

« L’canchon dormoire » ou berceuse en patois lillois, sous ses airs de simple chanson pour enfants, constitue un état des lieux poétique de la terrible situation ouvrière au 19e siècle. En étudiant de plus près les paroles, on perçoit mieux les difficultés sociales de l’époque. Une mère de famille, pauvre dentellière vivant dans une courée, tente d’endormir son enfant, Narcisse. Elle lui promet jouets et sucreries s’il accepte de fermer les yeux, et même de récupérer ses beaux vêtements déposés au mont de piété. Elle espère avoir assez d’argent pour contenter le bambin.

 

Alexandre Desrousseaux, le poète des petites gens

L’auteur de cette composition n’est autre qu’Alexandre Desrousseaux (1820-1892), chansonnier né dans le quartier Saint-Sauveur. Lui-même issu d’une famille ouvrière, voué à devenir tulliste, il a la chance d’apprendre à lire et à écrire. Il se fait embaucher à l’hôtel de ille puis comme chef des octrois. Ses revenus confortables lui permettent de mener une vie bourgeoise, mais il n’oublie pas le petit peuple de Saint-Sauveur, qu’il dépeint dans ses chansons. Le P’tit Quinquin, écrit en 1853, lui apporte la gloire. Le morceau est adapté pour différentes formations (orchestre symphonique, piano, fanfares…) et fait le tour de l’Europe.

 

L’hommage des Lillois

En 1901, la ville décide de rendre hommage à Desrousseaux et à sa composition la plus célèbre. La réalisation est confiée au sculpteur Eugène Déplechin (1852-1926). Le groupe sculpté comporte deux parties : le buste de Desrousseaux domine, du haut de son piédestal, la représentation de la jeune mère, l’enfant assoupi dans ses bras, près d’un berceau. À ses pieds, elle a temporairement abandonné son ouvrage en dentelle. L’œuvre en marbre a malheureusement subi plusieurs dégradations, la ville à présenter une copie dans le square Foch et conserve l’original dans le hall de l’hôtel de ville.

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