Art et histoire
Hauts-de-France
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Les pavillons Prouvé, Tourcoing

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Date : 1953

Le besoin en nouveaux logements est immense au sortir de la Seconde Guerre mondiale. Dans ce contexte très particulier, le ministère de la Reconstruction et de l’Urbanisme, à travers le Comité interprofessionnel du Logement de Roubaix-Tourcoing, commande à Jean Prouvé (1901-1984) des habitations bon marché. L’architecte imagine alors des habitats modulaires répondant aux besoins de confort et d’hygiène tout en étant économiques, rapides et faciles à construire.

Pavillon Prouvé © Charles Delcourt, Lightmotiv2

Pavillon Prouvé © Ville de Tourcoing

Pavillon Prouvé en restauration, 2013 © Virginie Pollet

Pavillon Prouvé en restauration, 2013 © Virginie Pollet

Jean Prouvé, un pionnier de la construction préfabriquée

En 1952, l’architecte et designer français fournit le dessin des deux premiers prototypes d’habitations préfabriquées en France pour le quartier de la Fin de la guerre, au nord-ouest de la ville. Ferronnier d’art de formation, Jean Prouvé est un pionnier dans la construction industrielle. Entre 1939 et 1969, il réalise de nombreuses structures préfabriquées c’est-à-dire construites en atelier et assemblées sur place. Malgré l’ingéniosité du système élaboré par Prouvé, les collectivités se tourneront finalement vers les grands ensembles en béton, permettant d’absorber la demande croissante en logements. Les deux pavillons tourquennois font partis des rares exemples français et constituent à ce titre un patrimoine remarquable.

 

Le quartier Fin de la guerre, symbole de la périurbanisation des Trente Glorieuses

Pendant cette période de croissance économique mondiale qu’on appelle aujourd’hui les Trente Glorieuses (1945-1975), les zones périphériques de Tourcoing comme le quartier de la Fin de la guerre connaissent une forte expansion spatiale. Des chantiers d’envergure entraînent un phénomène de périurbanisation : les derniers territoires ruraux disparaissent au profit d’une extension de la ville.

 

Modules, aluminium et acier : la recette de l’élégance et de la sobriété par Jean Prouvé

Grâce au procédé de préfabrication, les deux maisons au 97 et au 99 de la rue du Général Marchand sont rapidement assemblées et montées en 1953. Ces bâtiments à portique sont conçus à partir de modules qui sont des unités de mesure en mètres. Repris de manière répétitive, ces modules déterminent les proportions d’ensemble. L’emploi de l’acier et de l’aluminium participent aussi à cette grande économie de moyens. Tous les éléments de construction métalliques en tôles pliées sont assemblés avec seulement quelques points de soudure. Les pans sont ainsi allégés, ne dépassant guère les 68 kilos. Deux hommes seuls peuvent manier les panneaux les plus lourds et les monter. La répétition des modules et l’économie de moyen servent le langage épuré et élégant du constructeur.

 

Des lieux d’habitation éphémères aux bureaux protégés au titre des monuments historiques

Les deux anciennes maisons sont aujourd’hui transformées en bureaux. Ces constructions de Jean Prouvé étaient conçues à l’origine pour une durée maximale de dix ans. L’urgence de leur conservation et de leur réhabilitation s’est imposée au moment de leur inscription au titre des monuments historiques en 1995. La protection de l’État n’a pas empêché un incendie entraînant la destruction du n°97 et la disparition du mobilier original du n°99. La première maison est reconstruite en 1999 et la rénovation de la deuxième s’achève en 2013. Ces deux bâtiments sont les témoins des recherches architecturales novatrices sur le logement social de l’après-guerre et sur l’habitat modulaire à bon marché qui inspire désormais architectes et artistes invités en résidence.

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