Art et histoire
Hauts-de-France
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Le palais de Fervaques, Saint-Quentin

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Date : 16e siècle puis 19e siècle

Établie à une douzaine de kilomètres de Saint-Quentin depuis 1140, l’abbaye cistercienne de Fervaques, dévastée du 14e au 16e siècle, est transférée à Saint-Quentin au milieu du 17e siècle. À la veille de la Révolution Française, trente à quarante religieuses constituent la communauté de l’abbaye, aux côtés de plusieurs dizaines de jeunes filles placées ici par leur famille pour leur éducation. L’abbaye se compose alors d’une abbatiale, d’une église, d’un cloître, d’un pensionnat, de plusieurs cours et jardins…

Perron et façade du Palais de Fervaques ©Ville de Saint-Quentin, Frédéric Pillet

Le Palais de Fervaques vu depuis la Basilique de Saint-Quentin ©Ville de Saint-Quentin, Frédéric Pillet

La cour du cloître vers 1890 ©Ville de Saint-Quentin

Façade de l’église de l’ancienne abbaye de Fervaques vers 1890 ©Collection particulière

Vue de l’aile droite de Fervaques vers 1890 ©Ville de Saint-Quentin

Chantier de démolition de l’abbaye de Fervaques (1893-1896) : l’église éventrée et l’aile nord du cloître ©Ville de Saint-Quentin

Pose du soubassement du Palais de Fervaques, 1897 ©Ville de Saint-Quentin

Construction du Palais de Fervaques : grue à vapeur servant au levage des pierres ©Ville de Saint-Quentin

Projet de construction du Palais de Fervaques, Gustave Malgras-Delmas, 1895 ©Ville de Saint-Quentin

La salle des fêtes ou des cérémonies photographiée avant 1914 ©Collection particulière

La salle des fêtes ou des cérémonies photographiée transformée en hôpital militaire allemand pendant la Première Guerre mondiale ©Collection Jean-Michel Lemaître

Disparation d’une abbaye cistercienne

Après le départ forcé des religieuses en 1792, l’abbaye sert successivement d’hôpital militaire puis d’hébergement pour des centaines d’ouvriers qui creusent le Canal de Saint-Quentin. Cédée par l’État à la ville de Saint-Quentin en 1810, l’abbaye de Fervaques accueille successivement deux écoles mutuelles en 1819, une gendarmerie en 1823, une école de dessin en 1825, une bibliothèque, une salle des fêtes… Installée dans l’abbaye en 1825, la Société Académique, société de sciences, histoire et littérature, aménage un jardin botanique en 1834 puis un musée en 1837 devenu municipal deux décennies plus tard. Parallèlement, l’ancienne abbaye est le siège de toutes les instances judiciaires de la cité depuis 1832, accueillant les tribunaux civil et de commerce, la justice de paix. S’ajoutent la chambre de commerce (1854), des sociétés musicales… Après quelques travaux d’extension au cours des années 1860, notamment pour installer le tout nouveau service du télégraphe, l’état préoccupant des maçonneries et la faible valeur artistique de l’ensemble poussent la municipalité de Saint-Quentin à entreprendre la démolition totale de Fervaques à partir de 1893.

 

Un palais de la IIIe République

Le concours d’architecture organisé par la ville en 1895 est remporté par Gustave Malgras-Delmas, gendre de l’architecte municipal. À l’édification du Palais de Fervaques à partir de 1897, s’ajoute une vaste opération d’urbanisme conduisant à la création des places publiques à l’arrière du palais et de l’hôtel de ville. Le Palais de Fervaques est édifié sous les mandats successifs de deux grands industriels (François Hugues et Charles Mariolle-Pinguet) et du premier maire socialiste de Saint-Quentin (Onésime Caulier). Il est le symbole de la puissance municipale et de la richesse industrielle de la cité.  Les façades en pierre de taille sculptées par Gustave Coin à l’aube du nouveau siècle, ne reçoivent leurs frontons qu’au cours de la décennie suivante, réalisés par Hector Blondel (1906-1907) et Raoul Delhomme (1908-1911).

 

Fonctions publiques et multiples

Les tribunaux prennent place dans l’aile gauche, financée par le département de l’Aisne. Bibliothèque, musée, collection d’entomologie de Jules Passet (actuel musée des Papillons) sont installés dans l’aile droite, la Bourse du travail au rez-de-chaussée du corps central. À l’étage, trône la salle des fêtes et des cérémonies, scandée par ses ostentatoires colonnes de marbre. Durant toute la période de l’occupation allemande, d’août 1914 à octobre 1918, le Palais de Fervaques est reconverti en hôpital militaire. Après la guerre, Fervaques retrouve progressivement ses fonctions, auxquelles s’ajoute un éphémère musée d’art contemporain en 1938. Aujourd’hui, aux côtés de ses fonctions judiciaires et de quelques services municipaux, le Palais de Fervaques est avant tout le palais majestueux de nombreuses fêtes, salons et réunions publiques, témoin de plus de deux siècles de vie civique et publique.

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