Art et histoire
Hauts-de-France
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La construction en brique, Amiens

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Date : 19e siècle

Crue ou cuite, la brique est un matériau de construction très ancien, qui s’accommode de tous les styles architecturaux. Du jaune pâle au noir intense, sa composition et sa cuisson permettent de la varier tandis que l’appareillage d’un mur anime une façade. Au 19e siècle à Amiens, le développement de l’industrie s’accompagne de l’expansion des faubourgs entiers utilisant la brique comme principal matériau de construction. Au milieu du 19e siècle, dans le quartier Saint-Acheul, l’exploitation de la terre à brique a même permis de découvrir des bifaces taillés, il y a – 450 000 ans.

Détail d'un mur en brique © S. Crampon

Le lycée Saint-Remi © S. Crampon

Ouvrier indiquant la position précise d'un biface dans une coupe. Carrière à briques de Saint-Acheul, 1859 © Bibliothèques Amiens Métropole

Un gisement sous nos pieds

Utilisée depuis l’Antiquité pour la maçonnerie, la brique est composée principalement d’argile. Elle présente deux côtés: le plus long est appelé panneresse, tandis que le plus petit est appelé boutisse. La brique est un parallélépipède dont les dimensions varient en fonction des régions et des usages. Mais elle respecte toujours l’impératif suivant: elle doit tenir dans une seule main, pendant que la seconde manipule le mortier.

À Amiens comme aux alentours, la composition géologique du sol argilo-calcaire est particulièrement propice au développement de l’industrie de la terre-cuite. La matière première, l’argile, prélevée généralement à proximité du lieu de production, subit un certain nombre d’étapes de traitement avant de devenir une brique.

Secrets de fabrication

L’arrachage consiste en l’extraction de l’argile depuis la carrière, jusqu’à la briqueterie. Le pétrissage est l’étape qui prévoit d’ajouter l’eau à l’argile pour obtenir une pâte plus ou moins dense, à laquelle on ajoute d’autres composants (du sable principalement). Autrefois réalisée au pied, cette tâche sera ensuite facilitée par les machines. Le façonnage à l’aide d’un gabarit ou d’un moule vient donner une forme standardisée et régulière à la brique. Le séchage (entre vingt et cinquante heures) achève la chaîne de fabrication de la brique crue, qui sera uniquement séchée à l’air, tandis que pour la brique cuite, cette étape évite les fissures et les éclats lors de la cuisson. Elle est ensuite placée dans un quatre à 900 ° C pendant 30 heures.

Le joint pas anodin

Afin d’édifier un mur, les briques sont liées les unes aux autres par une colle, que l’on appelle le joint. Il est généralement constitué de chaux hydraulique, qui durcit au contact de l’eau. Il existe une variété de joints, aux rendus esthétiques très différents. De teinte légèrement rosée, blanche ou grise, la tranche commune avec la couleur de la brique ou au contraire se fond avec elle. S’il est façonné dans le prolongement de la surface du mur de briques, on dit qu’il est plein. S’il déborde, on dit qu’il est beurré. Enfin, s’il est en retrait, il est appelé joint en creux. L’alternance et la répétition de la panneresse et de la boutisse forment un motif qui participe au décor de la maçonnerie. Par exemple, l’accumulation d’un rang de panneresses et d’un rang de boutisses est appelé appareillage à la française ou picard.

Terre cuite et innovation

Détrônée par le béton de ciment, la terre-cuite n’en demeure pas moins un matériau de construction millénaire qui continue de faire l’objet de l’innovation sous forme de revêtement de sol comme à la citadelle d’Amiens avec les diabolos de terre cuite mis au point par l’entreprise Atelier de construction de piano Terréal et Renzo.

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