Art et histoire
Hauts-de-France
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Les chapelles Montmorency, Chantilly

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Date : 1532

À Chantilly, le promeneur découvre parfois au détour d’un chemin, une chapelle, isolée et désaffectée. Ces édifices constituaient au 16e siècle un réseau cohérent de 7 chapelles, support d’un pèlerinage permettant l’obtention d’indulgences…

Anne de Montmorency, d’après François Clouet, XVIe siècle, musée Condé, Chantilly.

Plan des 7 chapelles d’après le plan de Chantilly en 1589 ©Jacques Androuet du Cerceau dans Les Plus excellents bastiments de France, musée Condé, Chantilly

Jeu de cavagnole, anonyme, musée Condé, Chantilly © RMN-Grand Palais (Domaine de Chantilly) / R.-G. Ojeda et T. Ollivier

Jeu de cavagnole, anonyme, musée Condé, Chantilly © RMN-Grand Palais (Domaine de Chantilly) / R.-G. Ojeda et T. Ollivier

Chapelle Sainte-Croix-en-Jérusalem © Carte postale, début XXe siècle

Chapelle Saint-Paul, parc du château de Chantilly, © Carte postale, début XXe siècle

Chapelle Saint-Jean, parc du château de Chantilly

Chapelle Saint-Laurent, Fondation Condé, © Fondation Condé

Le commanditaire : Anne de Montmorency, un baron puissant et très chrétien

Anne de Montmorency (1493 – 1567) appartient à l’une des plus anciennes et plus fameuses maisons féodales. Il est le propriétaire de plus de 600 fiefs et 130 châteaux et seigneuries dont Chantilly, Écouen et Fère-en-Tardenois…Il est aussi conseiller et intime des rois François 1er et Henri II puis de Catherine de Médicis jusqu’à sa mort à la bataille de Saint-Denis. La devise de la maison de Montmorency « Dieu aide au premier baron Chrétien » permet d’entrevoir l’importance de la religion chez les Montmorency. Lors d’un séjour à Rome, Anne découvre les lieux saints et se recueille dans les basiliques romaines. Fortement opposé à la religion réformée, il exprime sa dévotion dans l’édification ou la décoration d’édifices religieux. À l’occasion de missions diplomatiques, Anne de Montmorency rencontre les papes Clément VII puis Paul III.

 

7 chapelles pour un pèlerinage à indulgences

Entre 1532 et 1538, Anne de Montmorency fait ériger par son architecte Pierre Chambiges, 7 chapelles sur son domaine de Chantilly, trois dans l’enceinte du parc et quatre à l’extérieur. Il souhaite ainsi rappeler les 7 basiliques de Rome qu’il a lui-même visitées : Saint-Pierre, Saint-Paul, Sainte-Croix-en-Jérusalem, Sainte-Marie, Saint-Jean, Saint-Laurent et Saint-Sébastien. Pour que la similitude soit complète, il demande à Paul III l’obtention des indulgences. Dans l’Église catholique romaine, l’indulgence, du latin indulgere, « accorder » est la rémission totale ou partielle devant Dieu de la peine temporelle – nommée pénitence – encourue en raison d’un péché déjà pardonné par Dieu. L’indulgence est obtenue en contrepartie d’un acte de piété (pèlerinage, prière, mortification, don). Elle permettait de raccourcir ou supprimer le temps de Purgatoire pour tous ceux qui visiteraient les 7 chapelles de Chantilly. Le pape s’empresse d’accorder ce privilège au puissant conseiller des rois de France. Le pèlerinage de Chantilly connaît un énorme succès, car il permet d’éviter un voyage risqué et coûteux jusqu’à Rome.

 

Disparition du pèlerinage…

Mais au bout de quelques années, l’afflux de pèlerins dans l’enceinte du parc contrarie la tranquillité d’Anne de Montmorency. En 1553, il invoque – véritable crainte ou argument bienvenu – les épidémies de peste et demande au Pape Jules III de réduire l’obtention des indulgences au pèlerinage des 4 chapelles extérieures au parc. Le pape accepte et va même plus loin en réduisant le pèlerinage à une seule chapelle extérieure : pour la quiétude du duc de Montmorency, il devient alors beaucoup plus facile de gagner le rachat de ses péchés !

 

…et transformation des chapelles

Le tour de toutes les chapelles n’étant plus obligatoire mais réduit à l’une ou l’autre, leur importance architecturale décline doucement. Dès lors, au fil des 17e et 18e siècles et des travaux opérés sur le domaine, les sept chapelles sont pour certaines détruites et pour d’autres déplacées, c’est-à-dire démolies puis reconstruites dans le style de l’époque à quelques dizaines ou centaines de mètres. Aujourd’hui cinq d’entre elles subsistent, à leur place originelle ou à quelques centaines de mètres.

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