Art et histoire
Hauts-de-France
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La ferme des Berceaux, Longuenesse

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Date : depuis le 17e siècle

Située à côté de l’église, la ferme des Berceaux fait partie de l’histoire de la commune de Longuenesse, aujourd’hui ville de 13 000 habitants, depuis le début du Moyen Âge. Son patrimoine bâti et mémoriel en font un témoin majeur de trois grandes périodes de l’histoire de l’Audomarois.

Intérieur de la grange sur poteaux (17e-18e siècles) © Carl Peterolff

Vue de la cour, logis et dépendance au fond, à gauche cheminée et à droite bâtiments de la sucrerie © Carl Peterolff

Véhicules de l'IWGC devant les bâtiments de la sucrerie © IWM Q 100827

Un domaine agricole de l’abbaye Saint-Bertin

Dès 877, le monastère est propriétaire d’un domaine à Longuenesse. Mais l’existence d’une ferme de l’abbaye à cet emplacement est attestée à partir du 15e siècle et perdure jusqu’à la Révolution française. De cette période, subsiste un rare témoignage de grange sur poteaux des 17e-18e siècles, parmi les seuls exemples de granges monastiques encore en élévation en France, voire en Europe. A la Révolution, vendue comme bien national, la ferme est achetée par Joseph-Alexis Platiau, un ancien fermier de l’abbaye.

 

La « colonie agricole » des Platiau

Agronome averti, Alexis Platiau jette les bases d’une exploitation agricole moderne. Il fait édifier un nouveau logis au début du 19e siècle. Son fils est un des membres fondateurs de la société d’agriculture de l’arrondissement de Saint-Omer. Son petit-fils, Clément, accélère la transformation du domaine et diversifie les activités. Il fait construire les dépendances nécessaires à l’installation d’une genièvrerie en 1843 puis d’une sucrerie en 1852 dont deux corps de fabrication et une cheminée de machine à vapeur sont conservées. Reprise par les fils de Clément, l’activité sucrière s’arrête vers 1883 pour se tourner vers l’élevage et la production laitière avec embouteillage afin d’alimenter la ville de Saint-Omer. L’envergure industrielle de cette ferme de 240 hectares lui permet d’être qualifiée de « colonie agricole » à la toute fin du 19e siècle.

 

Un site mémoriel de la Grande Guerre

Probablement dès le début de la guerre, la ferme est utilisée par le Royal Flying Corps (RFC), l’armée de l’air britannique, dont le Quartier Général est installé à proximité, sur l’aérodrome des Bruyères. En atteste un dessin grand format de l’emblème du RFC retrouvé dans une des dépendances. Puis en mars 1919, l’Imperial Wargrave Commission (IWGC) s’installe dans le château Latour face à la ferme où des architectes britanniques de renom y conçoivent et dessinent les cimetières militaires britanniques de la Grande Guerre. Pendant 10 ans, la ferme est utilisée comme base opérationnelle assurant toute la logistique liée à la réalisation de ces cimetières du front ouest.

Après le départ de l’IWGC, le site retrouve une vocation agricole jusqu’aux années 1990. Le propriétaire fait détruire une partie des bâtiments menaçant ruine au début des années 2000. À son décès en 2017, la ville de Longuenesse achète le site pour construire un béguinage et commence sa démolition en 2018. Interrompue grâce la mobilisation des associations de défense du patrimoine, la ferme est inscrite monument historique en 2018 et sa reconversion est à l’étude.

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