Art et histoire
Hauts-de-France
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Joffre à Chantilly

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1914 - 1916

De 1914 à 1916, la ville de Chantilly accueille le chef suprême des armées, le général Joffre. Durant l’enlisement du conflit, il choisit Chantilly, située à mi-chemin entre le front et la capitale et bien desservie par la route et le train, pour installer son G.Q.G, Grand Quartier général. Cette présence bouleverse la vie des Cantiliens qui vivent durant deux années au rythme des manœuvres, défilés, conférences internationales et visites de chef d’états.

Joffre, Poincaré, Gallieni et Briand à Chantilly en 1915 © coll. privée

Joffre, Poincaré, Gallieni et Briand entrant dans la villa Poiret, 1915 © coll. privée

Joffre, sortant de la villa Poiret, 1915 © coll. privée

Officiers français et étrangers posant sur les marches de l’Hôtel du Grand Condé © coll. privée

Joffre et les chefs d’état-major alliés sur le perron de la Villa Poiret lors de la conférence de Chantilly, carte postale colorisée, circa 1915 © coll. privée

Hôtel du Grand Condé, carte postale, circa 1910 © ville de Chantilly

Villa Poiret, carte postale circa 1905 © coll. privée

Photographie de l’inauguration de la statue de Joffre © APRH

Hôtel du Grand Condé © ville de Chantilly

Le Grand Quartier général

Le Grand Quartier Général (G.Q.G.) est l’outil de commandement du chef suprême des armées. En 1914, il est passé en quelques mois de 80 à 450 officiers d’état-major. Les 28 et 29 novembre 1914, Joffre s’installe au Grand Condé, hôtel de luxe construit en 1908 par le magnat de l’hôtellerie Henry Ruhl. Les cent chambres réparties sur 6 étages sont investies par les officiers et leurs secrétaires. Le G.Q.G est une « ville dans la ville » où sont regroupés les services relatifs à l’organisation des troupes et à la stratégie militaire : organisation des hommes et du matériel, planification des opérations, information, relations avec la presse, renseignement, aviation, cartographie jusqu’au service colombophile sous les toits ! Avec les hommes de troupe chargés de la protection, ce sont plus de 1200 soldats qui cantonnent en ville. Chantilly vit au rythme des défilés, couvre-feu, rues interdites, laissez-passer, etc. Au bout de quelques semaines, Joffre décide de s’extraire de cette ruche bruyante et s’installe à quelques centaines de mètres dans la villa Poiret pour trouver le calme nécessaire à la prise de décision.

 

La villa Poiret et les conférences internationales

La villa Poiret devient alors le siège du commandement militaire mais aussi un lieu de pouvoir politique et de diplomatie internationale. Depuis la Bataille de la Marne, Joffre est tout puissant et c’est à Chantilly-et non à Paris-, que sont organisées les entrevues avec les membres du gouvernement et les ambassadeurs étrangers. En 1915, les Cantiliens assistent à la venue du président Poincaré, du président du conseil Briand, du ministre de la guerre Millerand mais aussi du roi Albert 1er de Belgique, du Grand-duc Nicolas de Russie. Les 6, 7 et 8 décembre 1915, la réunion de tous les chefs d’états-majors alliés se déroule aussi à la villa Poiret sous le nom de « Conférence de Chantilly » avec les généraux French (Grande Bretagne), Gilinsky (Russie), Porro (Italie) et Wielemans (Belgique). Une seconde conférence est organisée les 15 et 16 novembre 1916 mais le pouvoir de Joffre décline. Fin 1916, le bilan humain catastrophique de Verdun et de la Somme achève de décevoir l’opinion. Côté politique, Briand et Gallieni veulent anéantir ce qu’ils appellent le « pouvoir de Chantilly ». Au terme de plusieurs mois d’intrigues, le 13 décembre 1916, Joffre est remplacé par Nivelle. Pour éviter un scandale politique, Joffre est fait maréchal de France. Nivelle déménage le G.Q.G à Beauvais.

En 1930, Joffre, « le héros de la Marne » bénéficie encore d’une réelle popularité. La ville décide de lui ériger une statue à proximité du Monument aux Morts. Réalisée par le sculpteur E. Boutry, elle est dévoilée le 21 juin 1930 devant une foule nombreuse et en présence de Joffre, du président de la République Gaston Doumergue, du ministre de la Guerre Maginot et de tous les officiels de la région. Quelques mois plus tard, la grande avenue de la Gare devient avenue du Maréchal Joffre.

CHANTILLY

« Ville princière » et « capitale du cheval », c’est ainsi qu’apparait Chantilly dans la plupart des brochures et articles qui lui sont régulièrement consacrés. Au-delà du slogan touristique, il s’agit d’une réalité historique, urbaine, économique et sociale qui marque encore aujourd’hui fortement le paysage et l’identité de la ville. Mais Chantilly c’est aussi une ville à la campagne où les espaces naturels et protégés déterminent sa forme et son expansion.

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